Un diner presque parfait
Je déteste vraiment les rencards qu’organisent les parents pour leurs progénitures. Pour moi ca veux dire, tu es désespérée même pour trouver un géniteur pour perpétuer notre génération. Un soir comme les autres soirs ou ma mère m’organisait des rencards avec les fils de ces amis, ou des filleuls, des connaissances de groupe de rencontre, des dimanches a l’église, tout ce qui pouvait bien lui passer sous la main. Ce soir ca allait être au tour de Jordan de s’y coller. En bonne petite Kamikaze des rencards, je mis un jean et un des plus grands t-shirt que je pouvais trouver dans le placard. Une paire de bottes provenant surement d’un des soldats d’Iraq, je sortie d’un pas décidé de ma chambre après les deux coups de klaxons qui raisonnaient a l’extérieur de la maison. Celui la n’avait même pas eu la convenance de descendre de son véhicule, quel goujat !
« T’aurais quand même pu faire un effort Caro, merde! », ca c’était ma mère qui pour la 14eme fois ce mois ci essayait désespérément de me maquer.
« T’en fait pas maman, les bottes c’est juste pour essayer de le rattraper s’il s’enfuit en courant. » Je fus à ce moment la plus que blasée. «C’est le fils de qui cette fois ci ? » je lançai en attrapant mon manteau dans l’entrée.
« C’est le fils d’une des amies que j’ai rencontré au groupe de prière du samedi soir, elle … », je ne lui ai pas donné le temps de finir et j’ai ouvert la porte en lançant « Souhaite moi bonne baise alors ! ».
Vous vous en doutez bien que je suis le genre antisocial. Je ne suis pas très efféminée, enfin c’est ce que je veux faire croire aux mecs. Je suis une féministe pure et dure, si jamais je veux me faire plaisir et mettre une robe, surtout ne pas me faire la remarque que j’ai mis cette robe pour faire plaisir a X ou Y, c’est la meilleure façon de me faire l’enlever. Si on m’aime, ca doit être pour moi et pour rien d’autre. Première impression, la voiture. En tout cas il ne se la pette pas, c’est une C2 blanche garée dans l’allée mais rien n’est encore joué. Je rentre et je m’assoie sans même le regarder, je récite mon scripte que je répète encore te encore au début de mes rencards:
« Caroline, 26 ans, je ne suis pas désespérée, j’ai seulement une mère un peu trop névrosée surement comme la tienne d’ailleurs, je suis végétarienne, je n’aime pas les restaurants, je n’embrasse pas le premier soir et je baise encore moins le premier soir. Economise toi de l’essence et vas passer une meilleure soirée au bar ou devant la télé, ca sera surement mieux que ma compagnie et je ne t’en veux pas ! »
Je me retourne après mon monologue et je suis glacée ! Je m’attendais à un binoclard, un barbu, un zarb ou même un pervers avec une tête a faire peur à une calculette, mais non, pas du tout. C’était un grand brun ténébreux, pas tellement beau mais pas mal dans son genre quand même. A ma plus grande surprise, au lieu de partir en courant, il a laissé partir un petit sourire au coin. Pour la première fois depuis bien longtemps, je me senti intimidée. « Toi t’es une marrante… ca promet d’être intéressant ! » et il démarra la voiture.
Je suis restée silencieuse pendant un bon moment. Je me suis mise à le contempler du coin de l’œil. Il était vraiment pas mal quand même, mais ca sentait le coup fourré. Comment un mec comme lui pouvait bien rencarder ?
« Allé shoot, c’est quoi la question qui te brule les lèvres en ce moment ? » dit-il les yeux toujours fixé sur la route.
« Comment un mec dans ton genre c’est retrouvé en train de rencarder ? »
Il rigola avant de répondre « Un mec dans mon genre ? »
Son rire fit vibrer quelque chose en moi, c’était un rire complètement macho mais tellement excitant à la fois. Je me sentais un peu mal alaise de m’assoir a coté de lui a le regarder comme ca, complètement désemparée.
« T’es le genre qui me semble ne pas avoir besoin de sa mère pour rencontrer des meufs non ? »
Il a rigolé encore une fois avant de répondre « C’est bête, j’allais te poser exactement la même question ! », il décrocha les yeux de la route et me regarda fixement dans les yeux avec son air amusé. Son regard me fit baisser les yeux.
« Tu manges les cheeseburgers au moins? »
C’était a mon tour de rigoler, « Je ne suis pas vraiment végétarienne »
«Et moi j’étais loin de partir dans un bar ce soir », et nous avons tous les deux rigolés. Nous avons beaucoup parlé, j’ai compris qu’il était un romantique qui est tombé sur une pouf ; un peu comme moi. Ce grand brun aux yeux noisettes semblait être un grand sensible, mais pas un sensible qui le montre a tous. Quelque chose chez lui m’attirait, je ne savais quoi mais c’était sincère. On rigolait bien, nous ne cherchions tous les deux pas des relations a long terme ; nous n’étions pas encore guéris.
« Tu n’embrasses vraiment pas le premier soir ? » il me dit, la tête renversée sur le siège arrière ou nous étions tous les deux. Je lui ai souri, je ne sais pas pourquoi je me suis penchée vers lui, et je l’ai embrassé. C’était l’un des baisers les plus torrides auxquelles j’ai eu droit de toute ma vie. J’ai senti sa main parcourir mon cou, puis il l’a glissé dans ce t-shirt un peu trop large que je trouvais maintenant un peu ridicule, mais ca lui a permis de trouver le bouton de mon jean plus facilement.
« Attends non ! » je lui ai dit en arrêtant sa main. Il me regarda et son regard me fit craquer. Je le laissai faire. Je vis sa tête disparaitre entre mes jambes. Ce mec était loin d’être un macho, je ne sais pas pourquoi il m’avait fait cette impression la… je ne savais plus grand-chose a ce moment la a vrai dire. Je sentais seulement la douceur de sa langue en moi, j’avais de temps en temps comme le cœur qui battait à 1000 à l’heure de peur de nous faire choper, mais c’était tellement bon que je m’en foutais franchement. Une musique de Bob Marley avait envahi la voiture, mais c’était carrément moi qui planais. Plus il continuait à jouer avec sa langue, plus je sentais que je n’allais pas longtemps tenir sous la pression. J’avais envi de le sentir en moi, je voulais sentir toute sa raideur se déployer et commencer à me faire vibrer. Il avait déjà tout compris, il se leva et me regarda et fit un non de la tête.
« Non ? » je dis à bout de souffle ! « Attends non pourquoi ? » mais il ne me donna pas le temps de finir et recommença de plus belle. Cette fois ci, je ne tenu même pas minute. Je senti tout mon jus s’extraire de moi et mes lèvres se contracter un peu plus sous la pression. C’était vraiment une jouissance inattendue ; je l’avais bien dit à ma mère !
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